Premier Week-end

Cela ne vous est jamais arrivé de vouloir quelque chose depuis tout petit et que lorsqu’on l’a, d’être si déçu qu’on se dit intérieurement qu’en fait, c’est qu’on a grandi ? Ben nous, notre premier samedi à Tokyo, c’était cela. 

Depuis tout petits, Disneyland nous faisait rêver. Mickey, Minnie, le monde des poupées (it’s a small new world…), tout dans ce parc nous affolait. La dernière fois que nous nous y sommes rendus, c’était facilement il y a plus de 20 ans. Autant dire que nous rêvions de pouvoir y retourner.

Pourtant, plusieurs raisons s’opposaient à cela. Celui de Paris était loin; en plus, nous n’aimions pas Paris ; il était difficile de convaincre d’autres personnes, etc., etc.. Certes, aucune n’était vraiment réel et cela sonnait plus comme des pretextes mais qu’importe. 

Quand nous apprîmes qu’il existait deux Disney (le normal et un spécial animaux des mers), nous nous devions d’y aller. Mais puisqu’en plus, l’école japonaise organisait elle-même le voyage, comment faire pour ne pas signer ?

Le voyage  

Donc samedi matin, 9 heures, un bus nous attendait. Première chose  curieuse: pourquoi un bus alors que les trains sont la fierté du pays ? Mais bref, à l’intérieur, une vingtaine de personnes, en majorité jeunes (plus ou moins la vingtaine), en route pour le rêve. Une heure de bouchon plus tard, dû à une voiture en feu, nous arrivâmes à destination d’un rêve  qui allait devenir cauchemar. 

Premier indice qu’une mauvaise journée s’annonçait: le prix des billets à affiché : 6500 yens. Or nous en avions payé 14 000. Le bus coûtait donc aussi cher que l’entrée ? Probablement qu’une large marge avait été prise par l’école ? Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, Disneyyyyyyy…. 

Nous avons fait scanner notre ticket. Nous avons avancé les yeux grands d’admiration. Nous avons passé le portail en brique aux couleurs de la marque. Nous sommes arrivés dans le hall de magasin et nos yeux, remplis de rêves, s’affaissèrent à la vue du nombre hallucinant de gens. 

Le 16 juillet, au Japon, c’était journée nationale, c.-à-d. congé. Le 14 juillet était le samedi juste avant. Il faisait plein soleil et clairement, la moitié des habitants de Tokyo s’était donné rendez-vous pour les 35 ans de Disney. Eh merde…

La journée, qui aurait dû être une journée d’amusement, se transforma en journée de file d’attente, de bousculade et de chaleur intense. Nous faisions une heure et demie de queue, c’est à dire, tourner en rond dans des serpentins de corde et de strap, pour ensuite être freinés par les « fastpass » pendant dix-quinze minutes. Ensuite, nous reprenions la marche à petits pas jusqu’à l’attraction proprement dite. Celle-ci ne durait que deux minutes en tout et pour tout. Deux minutes d’amusement, de frayeur, de ouhhhh et de whaaa avant de retourner dans une autre file.

Sur la journée, nous n’avons fait que quatre attractions pour autant d’heures de queue. Parmi les quatre, nous avions réussi à avoir un unique fast-pass.

Le fastpass

Le fastpass, c’est dégueulasse (cela devrait être un slogan). C’est un système mis en place par Disney pour bien mettre en avant l’inégalité sociale ou en clair comment baiser deux fois les gens. 

Car voir des gens atteindre les wagons du manège plus rapidement que nous n’était pas la partie la plus frustrante. Le pire était que les employés de Disney freinaient notre file pour laisser passer les fastpasseurs. Donc tous les quarts d’heure, nous devions attendre que tous les fast-pass passent. C’était comme si, sur la route, à un carrefour, un policier vous faisait attendre qu’un convoi important passe. Ils avaient déjà la priorité, on les entendait quand ils arrivaient mais non, on devait en plus attendre que le convoi soit là pour redémarrer. 

Ici, c’était la même chose, tous les gens qui faisaient la file depuis 40 minutes étaient bloqués le temps que les fastpasseurs arrivent. Ils ne prenaient pas un chemin plus court, il étaient prioritaires, supérieurs. Disney devrait changer le nom de « fastpass » en « Kingpass ».

Visite en groupe

Canard du parc

Autre point emmerdant de la journée : comme c’était une sortie de groupe, impossible de nous échapper. Nous devions tous nous attendre. Tout le temps, partout, avant chaque attraction, nous devions encore attendre. Et allez trouver un coin d’ombre par ce soleil brûlant… Tellement brûlant que la parade fut annulée, tellement brulant, qu’aucun personnage ne se promenait dans le parc. 

Oui, décidément, un rêve de gosse fut brisé en nous, nous ramenant à une réalité moins reluisante. Disney n’est pas une ASBL qui veut le bonheur des gens, c’est une société anonyme qui, chaque mois, a des comptes à rendre. Nous nous souvenions d’un bus avec un film débile (fortress ??), nous nous souvenions de Mickey, Minnie et tous ses amis. Nous nous souvenions d’un parc ou la magie pouvait arriver. Nous avons eu un bête parc vide de joie et rempli d’une foule de consommateurs.

nihon Minkaen

Heureusement, dimanche, nous nous sommes rattrapés. Via l’application Meetup, nous avons participé à la visite d’un parc très chouette, mais un peu particulier. Sur la ligne JR87, dans le fin fond de Tokyo (pour nous en tout cas), le Nihon Minkaen mettait en valeur l’histoire des maisons du Japon d’Edo et bien avant. C’est à dire de vieilles maisons, tout en bois, comme dans les films et les manga, avec des portes en papier et tout et tout. 

Outre le côté culturel, c’était une marche reposante dans l’ancien Japon car le musée était très bien agencé. Toutes les maisons étaient situées sur le flanc d’une colline boisée. Il n’y avait rien de rapide, aucun cris, aucune foule (nous étions le plus gros groupe de gens), seules 2-3 heures de marche dans un passé disparu. Nous avons même pu discuter avec de petits vieux qui essayaient de faire du feu à l’intérieur même d’une maison.  

Le tout pour seulement 500 yens. Comme quoi… 

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