Tokyo après 5 jours

Cela faisait maintenant une petite semaine que notre avion avait atterri dans la capitale nippone, et un petit bilan s’imposait. 

Quand on arrive dans une ville inconnue, plusieurs choses peuvent facilement se remarquer. Par exemple, le confort, l’amabilité des gens, la sécurité ou bien encore, la grandeur de la ville. 

Prenons notre voyage à New York. Quand nous y sommes allées, la première chose faite (une fois nos bagages posés) fut d’aller sur Timesquare. Rien de mieux que Timesquare, ses panneaux de publicité gigantesques, sa foule et ses hauts bâtiments pour sentir ce qu’était la ville qui ne dormait jamais. 

Eh bien malgré que New York soit une grande ville et qu’elle contienne nombre d’endroits pour nous le rappeler, c’est une ville où il est difficile de se perdre. Beaucoup d’enseignes nous étaient familières, maints endroits aussi, car après tout, notre culture n’a-t-elle pas les codes américains ? Et Puis, l’organisation américaine est assez simple : des rues, des avenues, sont triées par ordre croissant. Nous n’étions pas New-Yorkais rien qu’en sortant de l’avion, mais la langue et les films aidant nous étions loin d’être perdus. Nous savions même rapidement où aller pour lire, se reposer, travailler sur son portable tranquille. Alors qu’à Tokyo…

Si nous devions résumer Tokyo en une phrase : « C’était une grande ville faite de petites choses ».  

Tout était petit ici : des chambres d’appartements aux portes en passant par les restaurants et les rues. Et pourtant, Tokyo s’étalait sur des kilomètres carrés. Nous aurions cru qu’avec autant d’espace ils auraient vu plus grand. Eh bien non. 

Par exemple, les restaurants. Nombre d’entre eux sont à places uniques, quand manger debout n’était pas la norme. Les Tokyoïstes n’ont pas le temps de prendre un café, un livre, ou quoi que e soit d’autre. Il faut retourner travailler. Comme en plus, un restaurant moyen n’avait pas plus de dix places, c’est assez désorientant pour des Occidentaux de ne pas pouvoir se poser tranquille. 

Personne ne nous mettait dehors et tous les restaurants n’étaient pas comme cela. Loin s’en faut, mais force était de constater que les vrais moments pour nous, ils étaient, pour l’instant, dans des Starbucks (et encore…). Peut-être était-ce simplement parce que c’est la seule chaine qui n’est pas japonaise. 

Cette ville ne nous appartenait pas. Cinq jours passés dans cette fourmilière et nous n’avions encore aucune routine à laquelle nous pouvions nous rattacher. On dit des Japonais qui partent à Paris qu’ils souffrent du syndrome du même nom, déçus d’un Paris puant et des Parisiens insultants. Ces premiers jours, nous devions être comme cela. Nous accusions le coup entre la réalité et l’image que nous nous étions faite de cette ville surtout connue par les manga, les animés et la nourriture. Mais point de défaitisme, nombre de choses ici valent la peine qu’on s’y force un peu.

Une autre grande différence très différent entre Bruxelles, New York et Tokyo est qu’ici, il n’y a aucun quartier à touriste. Ou plutôt, tout à Tokyo est propice au tourisme. Bruxelles a sa Grand-Place, le Sablon le palais royal, les bâtiments européens (jusqu’à Mérode) et à la droite l’avenue Louise. Grosso modo, ceci représente un triangle touristique visitable en quelques jours. Tout y est concentré et même si des exceptions existent (comme le musée colonial), elles ne sont pas légion. 

New York, c’est pareil. La moitié basse de Manhattan est le centre de l’activité touristique. Brooklyn, le Bronx, tout le monde connaît, mais touristiquement parlant… Y a pas des foules de gens.

A contrario, Tokyo est si étalée… Bien sûr, il y a la gare de Tokyo, mais de l’autre côté, il y a Shinjuku. D’un côté, il y a la rivière de Meguro et de l’autre la tour de Tokyo. La Yamanote Line, boucle officieuse délimitant le centre de Tokyo, a une longueur de 34 kilomètres. Et à chaque arrêt, il y a une activité quelconque, comme si chaque station était une microville en soi. Pour comparer, à Bruxelles, capitale européenne, la petite ceinture où se fait la majorité du business touristique se fait est de seulement 10 kilomètres.

Pour l’instant, nos journées étaient principalement divisées en 3-4 heures de cours le matin, avant d’aller visiter l’après-midi un endroit touristique, culturel, ou appartenant à notre liste ; enfin, la soirée, nous la passions dans un coin chaud de la ville (Shibuya, Ikebukuro, etc.). En ce début de première semaine, nous jouions évidemment les touristes. Rien que le quartier d’Ueno comporte une dizaine de musée, un parc et un chouette zoo. Il nous a fallu facilement quelques après-midi pour tout faire, surtout que les musées fermaient à 5 heures.

Bref, le premier weekend arrivait, et le sentiment d’oppression était plus présent que jamais. Rares étaient les enseignes connues (du moins que nous connaissions), rares étaient les terrasses reposantes, rares étaient les accroches occidentales, rares étaient les gourmandises connues. D’ailleurs, la nourriture est aussi un cas à part. Nous  avons découvert que nous ne pouvions digérer le lait d’ici. Pourquoi ? Aucune idée. Peut-être n’utilisent-ils que du lait de soja ? Mais clairement, la boite d’Immodium allait nous servir. Pour prendre un exemple : leur Matcha.

Le Macha est un breuvage de couleur vert au goût amer. Voire même immonde. Techniquement c’est du thé. Mais comment dire ? En fait, cela goût l’herbe. La vrai, celle des prairies fraichement coupées. En plus, l’eau chaude est remplacée par du lait chaud aéré. C’est peu dire qu’on n’aimait pas. Mais pire, ce breuvage ne passait pas dans nos intestins. Rapidement nous avons remarqué que tout ce qui comportait du lait ici avait la fâcheuse tendance à nous purger les boyaux. 

Il y avait moyen de demander sans lait, mais la barrière de la langue nous fit comprendre qu’il serait plus simple pour les prochains jours de commander un thé camomille. Nous avons pris de la camomille jusqu’à la fin de nos vacances. 

Bref, Tokyo après cinq jours, c’était bizarre. Toujours debout, toujours de l’avant. Une fourmilière de costumes cols blancs dont il fallait suivre le mouvement. Bizarre, ce sentiment d’avoir besoin de repos alors que nous étions en vacances. 

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