Le départ

Qui connait le happy path? Personne ? Vraiment ? Bon ben allons-y pour un cours rapide de management. Le happy path est « le chemin heureux ». Dans un projet (par exemple, une nouvelle application), ce serait les actions prévues par des utilisateurs intelligents, qui connaitraient l’application, comment l’utiliser, etc. Point de souci, point de problème, tout irait pour le mieux. Les projets à problèmes sont les projets n’ayant prévu que le happy path. Autant dire… 

Concernant le départ de ce voyage, le happy path serait le suivant. Bien dormir vendredi, le taxi venant nous chercher à l’heure. À l’aéroport, nous enregistrerions nos bagages dans un hall quasi vide car il ne serait que 8h30 du matin et cela nous laisserait deux heures pour prendre notre petit déjeuner et rêver à ce qui nous attendait. Malheureusement, les aléas de la vie ont vite fait que papy n’était pas pour nous. 

Tout a commençé le vendredi soir, soit une nuit avant notre départ. Nous nous étions conditionnés à aller dormir tôt pour ne pas rater le taxi. Malheureusement, il se trouvait qu’à la télé, l’équipe nationale de football belge jouait contre le Brésil en quart de finale. Quel risque y avait-il de gagner ? Et pourtant… le monde était ainsi fait, la Belgique allait en demi-finale de coupe de monde. Alors, cela, c’était la partie cool. La partie moins cool, c’était tous les beaufs qui, pour exprimer leur joie, ne purent s’empêcher de masturber l’unique objet qui voulait encore d’eux, le klaxon de la voiture. Et comme nous habitions sur une artère importante, pendant deux heures ,ces anti-cervelets n’ont pas arrêté leurs cris de ralliement. Des enfants arrêtaient des voitures dans le but de forcer les gens à klaxonner. De futur Darwin-Awards en herbe. 

Le lendemain matin, nous nous sommes levés crevés mais partants. Le taxi était là. En route pour 20 heures de voyage et des brouettes. Bagage dans le coffre, compteur allumé, chauffe Marcel. 10 kilomètres plus loin (29 euros de taxi – oui, le vol est légal en Belgique, on appelle cela taxi), Zaventem nous attendait, et sa foule bondée avec. 

Pour 8h00 du matin, nous aurions cru qu’il y aurait un peu moins de monde. Plus aucun  espace vide pour marcher comme si, ben, nous étions le premier weekend de juillet. Alors, trouvant un passage tel Moïse devant sa flotte, nous rejoignîmes une longue queue d’enregistrement des bagages. Queue qui n’avançait pas… du tout. Un problème technique, on nous disait : « the trolley is broken ». Impossible d’envoyer quoi que ce soit. Les bagages s’entassaient dans tout l’aéroport, ralentissant exponentiellement l’embarquement.

En attendant notre tour, nous zyeutions autour car il s’en passait des choses. À commencer par l’Indien qui avait oublié son sac dans un coin. Moralité :  quatre flics et un chien renifleur occupés à jouer les attractions pendant  vingt minutes. Et l’autre qui s’excusait non-stop… Les Indiens, dans les aéroports, ce sont les pires. Ils n’ont pas la même compréhension que nous de ce qu’est une file. Traversant à travers tout pour être les premiers. Et en plus, ils négocient le poids de leurs valises. Bref, cela trainait et  cela trainait encore. 

Il y avait aussi la famille américaine dont la mère était petite, look de pétasse, chien minuscule dans les bras et chique en bouche. Se mettant dans la file pour garder la place de son compagnon qui arrivait avec les bagages. Évidemment, en faisant déranger tout le monde pour passer… sans s’excuser. Mais bref, c’était notre tour. Poids: 17 kilos, et des broutilles. Nombre de billets reçus: deux, et l’hôtesse nous invita à nous dépêcher car il y avait une foule aux prochains check. 

Le départ était à 10h55; à 10,30, nous étions à nos places; à 12h15 nous décollions. Alors, une question : si nous devions partir à 10h55 pour atterrir à 19h55, comment se faisait-il qu’en décollant à 12h15, nous arriverions seulement à 20h18 ? Le pilote avait-il trouvé un bouton spécial : « en cas d’urgence » qui débloquait une 6e vitesse ? Parce que grâce à cela, aucun retard. Nous sommes arrivés à l’heure pour notre second vol à Abu Dhabi. 

Abu Dhabi, en un mot : chaud. 40 degrés , et de nuit. C’était insoutenable. Heureusement, nous n’étions dehors que pour descendre de l’avion.  

Première vue du japon… 

De nouveau dix heures plus tard, la première vue qui  s’offrit à tous les passagers de l’avion fut celle-ci (photo de gauche). Le séisme de terre avait eu lieu à peine deux heures plus tôt et s’était fait ressentir jusque dans la capitale. Mon dieu, où nous allions exactement ?  

huit heures du matin, les trains d’atterrissage faisaient mouche. Il faisait plutôt beau pour un jour de pluie. Descente d’avion, check et douane. Surprenant était le nombre de personnes. Il y avait plus de petits vieux japonais pour nous aiguiller que de passagers. Leurs petites mains fragiles et recouvertes de gants de plastique blanc nous montrant comment faire pour prendre les empreintes digitales. 

Une photo sans sourire et sans lunettes plus tard, il ne nous restait plus que la douane. Et clairement, elle est nettement plus charmante que la douane américaine. Ici, pas de « Last line of defence » ou d’imposant monsieur armé. Juste un sourire et quelques questions pour nous retrouver en Pays du Soleil Levant.

Arriva alors le moment fatidique : nos bagages étaient-ils dans le groupe des bagages perdus ? Étaient-ils restés à Zaventem ? Le tapis roulant recracha un à un les valises et sacs durant de longues minutes avant que les nôtres apparaissent. Ouf, pas de papier à remplir. 

Maintenant, il fallait se rendre à Tokyo. Et première découverte: l’express qui nous emmenait au cœur de la ville nous fit furieusement penser à Evangelion. Ces annonces faites à Shinji tout au long de son aventure, nous étions sûrs que c’était là même. 

Mejiro était notre station. Une petite station non loin d’Ikebukuro. Le loueur vint à notre rencontre. 4-5 minutes de marche plus tard, nous nous appropriions un petit appartement de 4 pièces, bas plafond, avec 2-3 autres roomates. Chaque pièce faisant, grosso modo, deux mètres sur deux. À peine un lit (sur quatre pieds en bois) pouvait y rentrer. Les murs devaient faire l’épaisseur d’une feuille et enfin, la chaleur tuerait les vieux à la pelle. Heureusement, l’airco était de facto ici. C’était petit, mais qu’importe, nous ne ferions qu’y dormir. 

Nous n’avons pas trainé, entre le jetlag, la sensation d’être sale et la fatigue qui nous gagnait, là nous allions dormir assez tôt. 

Bref, Tokyo, nous voilà… pour un mois.

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