28 — La cryogénisation

25 mars 2300

Chères toutes et chers tous. Comment allez-vous aujourd’hui  ?

Vous savez ce que j’aime dans ce voyage ? Ce sont les rencontres, car les rencontres, c’est ce qui permet tout. En voici un nouvel exemple. 

Normalement, notre prochaine étape aurait dû être Vénus, afin d’aller voir la GB-SC. Pour ce faire, nous aurions dû prendre une navette jusque Neptune, puis faire le voyage retour (en passant même par chez moi). Cela aurait pris plus de 45 jours, mais nous y étions préparés, c’était dans notre planning. Or, l’équipe de Cédric devait aller sur Mercure, ils y vont de temps en temps vérifier la préparation du nouvel astéroïde. Cela ne nécessite pas 45 jours de voyage. Non, les scientifiques utilisent un autre moyen de transport : la cryogénisation. Comme ils savent qu’on doit aller sur Vénus, l’équipe de Grétory lui a proposé de se joindre à elle… et nous avec. Oui, je vais me cryogéniser. Youpiii!!! Enfin, je crois. 

La cryogénisation, c’est quoi ? Pour voyager entre Saturne et Mercure, nous allons mettre soixante-trois heures. C’est-à-dire que le vaisseau voyagera à raison de vingt mille kilomètres par seconde. Pas mal, hein ? Le problème à cette vitesse, c’est qu’il n’existe encore aucun moyen de décélérer sans être mis en bouillie. Alors, on nous cryogénise, cela fait moins mal. D’après ce qu’on m’a expliqué, la technique consiste à nous transformer en éponge vivante, puis on nous trempe dans de l’eau dont nous nous imprégnons et enfin, on nous gèle. Notre résistance au choc est accrue et nous pouvons violemment décélérer en toute sécurité. 

Cela a l’air barbare comme cela, mais tous les grands de ce monde possèdent ce système. Space Force One en a même deux. Bien sûr, il y a un risque. Nous avons tous signé des décharges. Il y a ensuite des tests médicaux, sans parler des substances qu’on nous injecte jusqu’à cent heures avant le départ. Si Yosméria et Cédric ont sauté au plafond, moi j’avoue que je suis partagée entre deux sentiments : la joie de la découverte, et la peur de tout ce que j’ai pu entendre sur la cryogénisation (vous savez, les histoires du type qui a mal décryogénisé, et qui maintenant vit dans un bocal car son corps et ses os sont trop liquides). Je sais que ce ne sont que des histoires, mais quand même. Mais enfin, si nombre de scientifiques ici l’ont déjà fait (ainsi que nombre d’étudiants et de stagiaires), je peux le faire aussi. 

Demain, nous commencerons les injections. Elles prépareront notre corps à devenir spongieux. Nous ne verrons pas la différence, évidemment, seulement lors de notre mise en sarcophage après endormissement. C’est une théorie complexe et même avec l’aide de mon connecteur, je n’y comprends pas tout. Aie confiance, qu’ils disent :-D. 

J’ai lu que la cryogénisation, c’est l’avenir pour atteindre d’autres étoiles. Vous avez entendu parler du projet DeepSleep  ? Ce projet qui consiste à atteindre une étoile et à en revenir en six cents ans ? Encore un multimilliardaire excentrique, je suppose . Mais pour ceux ce que cela intéresse, le principe est le suivant. Dans un vaisseau, une équipe serait cryogénisée. Elle accélérerait autour du soleil jusqu’à atteindre 40 000 kilomètres par seconde, vitesse jamais atteinte jusqu’à aujourd’hui. Puis elle s’éjecterait du Système solaire en direction d’une exoplanète d’un autre système solaire. Là, l’équipage se réveillerait, irait se promener sur la planète, reviendrait au vaisseau et ferait le retour de façon identique. Le plus fou dans l’histoire, c’est ce qui se passerait entre les systèmes planétaires, dans l’espace profond, là où il n’y a rien, même pas de gravité (du moins pas assez). Le vaisseau ne sachant pas utiliser ses réacteurs anti-g, il serait à la merci des théories du mouvement les plus basiques. Cela serait comme pratiquer un golf entre la Terre et la Lune, puis de la Lune à la Terre, la balle représentant le vaisseau qui se frapperait elle-même. Faut bien calculer son coup au départ et puis prier la plus haute entité des Maths :-D. La prier pendant trois cents ans pour l’aller et trois cents ans pour le retour. 

Au début, je n’avais pas compris pourquoi nous prenions une étoile éloignée (un peu plus de trente années-lumière quand même) au lieu de Proxima du Centaure par exemple (qui elle, n’est à peine qu’à quatre années-lumière). Autour de Proxima, il n’y a rien. Quitte à aller quelque part, autant ramener quelque chose. Le soleil choisi contient plusieurs planètes dont on sait depuis plusieurs années qu’elles abritent de la vie simple (des végétaux, des animaux, etc.). La mission aura pour principal but de ramener une vie extrasolaire et pour cela, il faut aller plus loin que Proxima.  

Je me suis renseignée aussi sur plein d’histoires, mais pour faire bref, je vais me faire cryogéniser. 

Pour le reste, Xenoblade a l’air d’être réparé. Dès notre retour, nous avons lancé une panoplie de tests (qui durera plusieurs jours). Jusqu’à maintenant, tout est OK.

À plus pour d’autres nouvelles.

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