18 — Préparation du match de Graviball

19 novembre 2299

Chères toutes et chers tous. Comment allez-vous  aujourd’hui  ?

Cela fait maintenant quatre semaines que nous travaillons sur le MSC Saturn – et c’est toujours aussi passionnant. Le vaisseau est maintenant devenu une seconde maison. Je m’y repère bien mieux. Je sais où aller et quand aller. Cela devient à la limite de la routine. Mais cette semaine, il y a un évènement important que j’aimerais partager avec vous : les derniers matchs de qualification pour le Graviball – StellarCup qui, je le rappelle pour ceux qui auraient oublié, aura lieu dans six mois. Mes trois amis étaient extatiques tout comme l’équipage. Ce fut donc une semaine spéciale.

Ces dernières qualifications, qui se déroulent un peu partout dans le Système solaire, verront s’affronter plus de trois mille équipes, mais à la fin il n’en restera que quatre-vingt-une. La compagnie avait décidé de voir grand. Exceptionnellement, la plateforme arrière était ouverte dès le départ de Titan. Dix terrains grandeur nature y ont été construits (avec gradins). Chaque soir, dix matchs seront choisis pour être retransmis via des robots sportifs. Tous sont recouverts d’une texture holographique à l’image des joueurs. Ils doivent reproduire fidèlement les gestes (grâce aux données biométriques prises en temps réel), de sorte que les visiteurs verront des matchs comme si c’était de leurs propres connecteurs (enfin, presque).

Pour Yosméria, Cédric et Grétory, il y avait un air de déjà-vu. Je me souviens qu’ils avaient séché les cours pendant quelques jours pour se connecter à certains matchs (allant jusqu’à trafiquer leur connecteur pour se faire passer malade). Pour moi, par contre, c’était une nouvelle expérience.

Avant chaque match, Grétory s’est arrangé pour que nous puissions prendre part à l’équipe chargée de tester le terrain. Comme il ne s’agit pas seulement d’hologrammes, mais de robots-sportifs, les règles de sécurité nous imposent plusieurs contrôles. Donc tous les soirs, nous nous habillons comme des sportifs dans des combinaisons ultra-moulantes et uniformes. Mon connecteur lunettisé est remplacé par un casque de Graviball. Une fois le stade allumé, la combinaison et le casque entrent en symbiose avec lui. C’est fou ce qu’on a comme information en tant que joueur. Pour moi, c’est ingérable. Des chiffres, des stats, la gravité… On devrait renommer ce jeu « immersion totale ». Grétory a directement accès à l’ensemble de mes données corporelles comme n’importe quel spectateur pourrait avoir accès aux données des joueurs.

«  Bon, comment tu te sens ?

  • Pour l’instant, cela va. J’ai juste ma combinaison un peu trop serrée. Comparée aux autres combis spéciales, cela fait bizarre.
  • C’est normal, ce sont des combis spéciales. Le casque et ta visière, cela va ? 
  • Oui, mais je ne vois rien, il y a trop d’informations. 
  • Tu ne t’es jamais full connectée à un match avant ?
  • Tu ne t’es jamais full connectée avant gnagnagna !
  • Tu sais que j’entends tout !
  • Ben alors, aide-moi. Je dois faire quoi ? 
  • Pour les tests, rien. C’est le terrain qu’on teste ainsi que les connexions. Pour le reste… tu vois le petit triangle sur le côté ton casque ?
  • Oui 
  • Cela t’indique où est la balle en temps réel. Tourne la tête jusqu’à l’apercevoir au milieu du casque. 
  • Ah oui, cela vise Yosmé. 
  • Normal, c’est elle qui l’a. Attends, je la contacte pour qu’elle te l’envoie. 
  • Quoi ? Mais elle se trouve de l’autre côté du terrain !
  • Oui, mais sa combinaison et le ballon sont en 0,5 g, donc elle devrait avoir assez de force pour te l’envoyer. 
  • Et moi, je suis en quoi ? 
  • En 1 g. Attends, j’augmente.
  • Quoi ?? »

Grétory essaya de me faire courir par 2 g ; après vingt mètres, il a arrêté. Mes statistiques de santé n’étaient pas « au top » selon ses dires. Quand je pense que les vrais joueurs arrivent à tenir 8 g. Yosméria s’en sortait mieux que moi, que ce soit en faible pesanteur ou en 2-3 g. 

Tous les jours, nous branchons les robots au cloud pour qu’ils puissent importer les données des joueurs. C’est notre job journalier, et il s’effectue à lumière de la belle Saturne. Le soir, les voyageurs viennent voir un match (pour ceux qui veulent). 

Cela dure toute la semaine : trois matchs différents par soir. Un avant-goût de ce qui nous attend en fin d’année à la GB-SC. 

À plus pour d’autres nouvelles.

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