12 — Le S.M.O.B

17 septembre 2299

Chères toutes et chers tous. Comment allez-vous aujourd’hui ?

 Notre voyage dans les lunes galiléennes s’est terminé ce matin. Charlèt a continué ses pêches miraculeuses et remonté tout ce dont il avait besoin pour ses expériences. Comme j’étais obnubilée par mes escapades lunaires, j’ai oublié de vous parler du S.M.O.B. C’est chose faite maintenant.

Le S.M.O.B, c’est le centre de recherche de biologie extra-terrestre. Il est composé de deux parties : une partie qui est ouverte au public, et une partie consacrée uniquement à la recherche (là où se trouve l’Europarichthys). La partie publique n’est pas énorme, mais a l’avantage de vous faire plonger dans une ambiance sombre et glacée, car ici, tout est fait pour recréer l’environnement des locataires. Donc, pas de lumière, tout se visite en vision nocturne et en vision électromagnétique (n’oubliez pas de mettre vos connecteurs à jour AVANT de rentrer dans les galeries). Une fois équipés, vous pourrez à loisir déambuler dans un monde aussi fantastique que bizarre.  

Les deux galeries principales sont bien évidemment consacrées à Saturne et Jupiter, mais elles présentent aussi nombre d’autres informations concernant par exemple la Convention galiléenne, ou bien les méthodes de pêche. Si vous y allez, vous reconnaitrez l’hameçon dont je vous ai parlé la semaine passée. Ils en ont construit une maquette didactique remplie d’explications. 

En ce qui concerne les animaux et les végétaux, aucun n’est grand. Je veux dire que le plus gros ne mesure pas la taille de mon bras. En l’absence de chaleur (pour rappel, l’eau est à moins 25 degrés), avoir le moins de surface de contact constitue l’un des meilleurs moyens de survie. À ces profondeurs, être de petite taille, c’est un avantage. Du haut de mes un mètre soixante, je devrais peut-être aller vivre en bas. — D.  

Le summum du musée, ce sont les espaces de relaxation. Vous avez le choix entre le confinement d’un aquarium convexe sur lequel des sortes de bouches-sangsues (de leurs vrais noms scientifiques : les Boturilas-J-Marius) sont accrochées, ou bien les grands espaces aquatiques avec en leur centre des divans anti-g permettant de s’allonger paisiblement tout en regardant grouiller les écosystèmes d’un autre monde. 

Enfin, on peut ramener un échantillon de mousse. Un immense bassin sous pression recouvre le sol de la dernière salle. Dedans, un tapis de différentes mousses de culture provenant des fonds luno-jupitériens et luno-saturniens. En passant, on nous invite à marquer un échantillon. Lors de la sortie, le roboception va récupérer ledit trésor avant de le mettre en bocal pressurisé et totalement hermétique à la lumière, sauf via un petit variateur manuel. Si on l’obscurcit, la mousse envahira totalement le bocal (par multiplication), si on l’ouvre, elle s’autodétruira jusqu’à disparaitre – le but étant de garder un équilibre. J’en ai pris un, Yosméria aussi. 

Contrairement au musée paléontologique martien, ici, la visite se fait rapidement (nous l’avons faite entièrement avant de repartir avec les chercheurs). Mais je trouve que, même si au début, c’est un peu flippant de passer plusieurs heures avec des connecteurs qui ne sont pas en mode réalité-augmentée, une fois qu’on est habitué, ce musée est comme un hologramme de feu de camp près d’un lac, très relaxant. 

À plus pour d’autres nouvelles.

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