9 — Ganyversity

4 septembre 2299

Chères toutes et cher tous. Comment allez-vous aujourd’hui  ?

 Moi, je vais super bien. J’ai même une excellente nouvelle à vous annoncer. Mais avant, que s’est-il passé durant ces derniers jours ? Eh bien, en un mot : Ganyversity. Nous y sommes arrivés, et sans trop de casse. 

Les spatiobus de JupiTransport étaient bruyants, serrés et puaient comme jamais, sans parler du gravisol qui ne fonctionnait pas parfaitement. De temps en temps, j’avais l’impression de ne plus avoir les deux pieds sur terre ; seulement un, l’autre était plus léger. 

À notre arrivée, des amis sont venus nous chercher à l’arrêt. Eux, ils n’avaient pas pris d’année sabbatique, ils sont venus directement apprendre et étudier. Ils ont loué un appartement, en plein centre du quartier des logements. C’est minuscule, mais nous sommes étudiants ou nous ne le sommes pas. Cinq chambres en cercle, une cuisine, une salle de bain et c’est tout. Les uns sur les autres, et comme ce sont tous des mecs, c’était le bordel (mais il paraît qu’un robot était venu nettoyer). Comme nous restons quelques jours, ils nous ont libéré deux chambres pour nous quatre.

Concernant la ville, cinq milliards de personnes (principalement des étudiants et des chercheurs) habitent Ganyversity. Elle est réputée en tout : en astrophysique bien sûr, mais aussi en xénobiologie, en droit interplanétaire et en plein d’autres matières.

Historiquement, elle a été mise en orbite autour de Ganymède en même temps que JupiterCity, mais les architectes l’ont pensée différemment. Si JupiterCity a directement été conçue comme gigantesque et difficilement agrandissable (cela a été possible une fois, mais bon), Ganymède est, comme nombre de colonies spatiales, formée de petits dômes qu’on peut rejoindre aisément via les spatiobus, le tout tournant autour de Ganymède. Le plus marrant est que comme nous ne sommes pas très loin de Jupiter (un peu plus d’un million de kilomètres), JupiterCity se voit à l’œil nu rien qu’en levant les yeux lors des transits.

Pour une première journée, nos potes nous ont fait visiter la ville et les alentours (surtout le quartier des jeunes). Le lendemain, le bâtiment des inscriptions nous souriait. Si les trois autres savaient, moi j’hésitais encore. Mais allais-je réellement étudier ailleurs ? Alors, j’ai réservé ma place, me laissant encore quelque mois pour décider de l’orientation de mes études. La location d’un appartement fut un peu plus compliquée. Nous étions partis pour en prendre un à quatre (moi, Cédric, Yosméria et Grétory), mais le roboception perturba notre projet en refusant de nous en allouer un. 

Ici, les appartements étudiants sont gérés par Ganyversity elle-même. Elle alloue en fonction de la demande, et au besoin demande la création d’un nouveau dôme qui sera adjoint aux autres. Tous les bâtiments du dôme ne comportent que des appartements à 2, 3, 5, 7. Va savoir. Nous ne savions pas trop quoi prendre quand Grétory eu la bonne idée de demander deux appartements de deux, mais l’un à côté de l’autre. Comme quoi, tout s’arrange lorsqu’on prend le temps de réfléchir un peu. 

En sortant du bâtiment, c’était la première fois que je me sentais inscrite. Nous regardions tous, notre cloud : la mention « 2300/2301 : inscrite à GanymèdeCity  » figurait dans la partie cursus. 

Je ne voulais pas m’arrêter là, ni Yosméria d’ailleurs. Nous avons demandé à nos amis s’il était possible de suivre un cours avec eux. Grétory et Cédric étant un peu fatigués, nous nous sommes donc séparés, ils sont retournés se coucher tandis que Yosméria et moi sommes allées assister à notre premier cours universitaire. J’avais entendu qu’ici, les cours sont donnés par des humains et non des robots pédagogiques. Je me disais que cela devait être impressionnant de voir quelqu’un qui nous parle pour nous faire apprendre. Et puis, cela nous change des pédabots. Je n’ai rien contre les pédabots, ils font bien leur job, se mettent à notre niveau et nous font évoluer en fonction de qui nous sommes, mais je dois avouer que de temps en temps, ils manquent d’humanité. 

Nos amis nous ont emmenées à un cours de biologie générale. Nous les avons suivis jusqu’à l’auditoire en leur posant plein de questions. Nous nous sommes assises et avons attendu que tout le monde rentre. Et c’est là que je me rendis compte de la grandeur des lieux, plus que la ville, plus que les dômes, plus que tout le reste. Il paraît que ce n’était pas le plus grand auditoire ; et pourtant, mon connecteur me confirma que nous étions dix mille étudiants. Dix mille ? Nous possédons un stade sur la Lune et il n’est que de cinq mille places. Comment, pédagogiquement, le professeur allait-il faire avec chaque étudiant ? Se dédoublerait-il ? Par holo ? Puis, comment allait-il faire avec ceux qui se connectent de chez eux ? Simple, il ne s’occupe pas de cela. 

Le prof rentra, tout le monde se tut, et il parla. Je m’étais dit avant de rentrer dans l’auditoire que ce serait passionnant et… comment dire… ce ne le fut pas. Je ne suis même pas sûre qu’il ait levé les yeux de son connecteur (qui est d’ailleurs identique au mien). Je dois avouer que je m’attendais à autre chose. Seconde surprise, le professeur, nous le connaissions. Nous l’avions déjà croisé au musée spaléolitique sur Mars. C’était Charlèt. 

Quatre heures plus tard, je n’avais plus de tête. C’est cela, les cours universitaires ? Je devrai être forte. Yosméria, elle, a trouvé cela génial, ou plutôt, a trouvé Charlèt génial. Je crois que Yosméria l’aime bien (et je crois qu’elle va me frapper en lisant ces mots). Elle a donc fait ce qu’elle savait faire de mieux : aller lui parler en toute aisance avant qu’il ne quitte l’auditoire, sans que je puisse la retenir. Ils parlèrent tous les deux, cela prit curieusement un long moment, puis elle se retourna et m’appela. 

Elle lui avait expliqué qu’on venait de s’inscrire, mais qu’on ne resterait pas longtemps car nous devions aller sur Saturne dans quelques jours. Nous voulions d’abord aller visiter l’aquarium d’Europe (le S.M.O.B). Lui devait aller en mission avec d’autres chercheurs sur les Lunes (Ganymède et Europe, principalement). Yosméria lui disant qu’il avait de la chance de pouvoir aller marcher sur ses lunes, il lui fit remarquer qu’elle pourra probablement y aller aussi en milieu d’année comme bon  nombre d’élèves, car cela fait partie du cursus de certaines options. Et c’est là qu’il lança : « Vous voulez venir avec nous la semaine prochaine ? ». Oui, vous lisez bien, il nous a proposé de l’accompagner. Comme nous nous étions inscrites, nous sommes officiellement étudiantes. Donc officiellement, nous pouvons y aller.

Oui, nous allons à la surface non pas de une, mais de deux lunes. Nous partons après-demain et nous sommes toutes les deux hyper excitées. Je ne sais pas encore grand-chose si ce n’est que cela durera une semaine et qu’on n’a pas tous les jours une occasion pareille. Je vous tiendrai évidemment au courant de tout.

À plus pour d’autres nouvelles.

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