6 — Restaurant

27 août 2299

Chères toutes et chers tous. Comment allez-vous  aujourd’hui  ?

Nous sommes de retour à SabaeaCity. Demain, nous irons au Student Travel Partner, mais ce soir, Yosméria nous a emmenés dans un restaurant à la cuisine New Age, Le Sabel. J’en avais entendu parler, mais c’est la première fois que j’y mangeais quelque chose. 

Pour ceux qui ne connaitraient pas, ce sont ces restaurants où l’on fait pousser sa nourriture devant soi. Et cela pousse vite : en à peine dix minutes, j’ai pu cueillir les ingrédients de mon plat. Nous les avons coupés ensemble pour enfin les cuisiner. 

Mais commençons par le cadre qui fait place à la famille du restaurateur. Sur les murs, des holos de ses parents, ses arrière-grands-parents, arrière arrière grands parents, etc.  En une dizaine de représentations, nous pouvions voir l’évolution d’une famille à travers les siècles. La plus ancienne remonte à plus de trois siècles. Ouaw, c’est vieux. Un homme et une femme se tiennent debout devant une petite maison. Typiquement ces petites maisons d’étals que l’on peut voir dans des documentaires historiques. L’enseigne (une plaque en bois peint, pas encore de holos à l’époque) affichait le mot « Boucherie  ». Si j’en crois les images, c’est son arrière-grand-père qui a décidé de migrer sur Mars et d’ouvrir ce restaurant.

Pour ceux qui ne sauraient pas, « boucher » était un ancien métier qui consistait à tuer les animaux, les dépecer, les préparer et les mettre en vente sur des étals. Oui, c’était il y a longtemps, mais cela a existé. C’était évidemment avant que l’on abroge le spécisme animalier. Il semblerait que toute sa famille sur terre pratiquait ce métier. Au début du millénaire, on mangeait des vaches, des chèvres et des insectes. Barbarie,  quand tu nous tiens… 

Mais bref, comment fonctionne cette cuisine  ? Simple. Vous commandez ce que vous voulez manger, on vous apporte les graines et un bac avec de la mousse poreuse et synthétique. Vous y versez de l’eau (un peu, juste de quoi humidifier l’humus) et enfin, vous versez l’agrandisseur. C’est ce dernier qui va faire pousser votre repas. Nous devons attendre entre huit et quinze minutes, selon que vous voulez votre repas vivant, bien-vivant ou mûr. Avec une petite pince, vous pouvez alors couper ce qui vous intéresse et l’envoyer à la cuisson. Voilà, bon appétit. 

Nous avons pris le panier bio pour quatre. Cela comprend un peu de tout, comme des OGM E352 des OGM Z67 ou bien d’autres produits de la nature. Nous les avons plantés, nous les avons arrosés et nous les avons vus grandir : graines, pousses, tiges et enfin longs légumes. Les aimant verts, j’ai été la première à cueillir mon repas, mais ils deviennent orange puis rouges avant de pourrir si on ne coupe pas tout. 

Ce soir, nous avons décidé d’aller nous coucher tôt. Les derniers jours de ski nous ont vraiment épuisés, et la journée au Student Travel Partner va durer. Mais je reviendrai sur le S.T.P. demain.

À plus pour d’autres nouvelles.