4 – Les fossiles les plus anciens du système solaire

22 août 2299

Chères toutes et chers tous. Comment allez-vous aujourd’hui ?

Nous, nous avons passé la journée chez les Marsosaures (et les fossiles en général). Comme c’est la pièce maitresse du musée (et c’est d’ailleurs la partie qui sera rénovée), tout le dernier étage leur est consacré. Par contre, il faut croire qu’ils aiment bien les lignes du temps ici, car nous y avions encore droit.  

À l’entrée de la galerie nous accueillait une démonstration de planétologie. Un holo3D nous montra le disque protosolaire, les débris, les accrétions, les cataclysmes pour enfin arriver à Mars (et la Terre et Vénus, et toutes les autres). Cela durait quinze minutes et ressemblait beaucoup à ce qu’on voyait à l’école au cours de géologie. L’animation s’arrêtait à peu près comme devait être Mars il y quatre milliards d’années. De bleu et vert, elle grouillait de vie. Pour ma part, je trouvais qu’elle ressemblait étrangement à ce qu’on peut voir en l’approchant , les lumières des villes en moins. Tout le reste de la galerie vous faisait remonter le temps de moins quatre milliards d’année à l’extinction martienne.

Mesdames et messieurs, attention, voici la plus ancienne trace de vie de tout le système solaire : l’Eucariotidus Marsicus. Oui, ce sont des bactéries, du moins leurs fossiles. C’est-à-dire, un énorme rocher lévitant sur une plaque d’impesanteur. Nous avions dû activer l’hololoupe pour voir de minuscules formes ovoïdales rocailleuses. Il s’agit des plus vieux fossiles que l’humanité ait retrouvés. Ils datent d’il y a plus de quatre milliards d’années. 

Notre l’hologuide activé, celui-ci nous expliqua nombre d’informations. Pour exemple, elles n’ont pas été trouvées par l’équipe Marsosaure-1, mais par des sondes que l’humanité lançait au début du millénaire. Il nous dit aussi qu’elles ne sont pas apparues sur Mars, mais provenaient de météorites lointaines. Très didactiquement, les animations holographiques montraient leur reproduction très rapide, ainsi que les mécanismes qui permettaient à ces microcellulaires de supporter les conditions extrêmes de l’espace. Moi, cela me fit penser aux mécanismes de terraformation.

Tout au long de la galerie, nous avons remonté le temps (après les bactéries, les invertébrés, etc.) pour enfin arriver à la pièce maitresse : le Marsiaceratops Laminicus. Un gros gaillard de trois tonnes (du moins ce qui l’en reste), qui a été mis à jour par les pelleteuses de la mission Marsosaure-1 dans la plaine Arcadia. Le lendemain, ils en trouvèrent d’autres, puis d’autres encore. Pour finir, ils l’annoncèrent au monde entier. 

S’il y a bien un truc cool dans ce musée, ce sont les holo3D des fossiles. Ils permettent d’habiller les ossements choisis, de les faire vivre comme s’ils étaient réels. Si tout était interactif, nous pouvions jouer avec nombres de paramètres, ce qui nous donnait une bonne idée de ce à quoi ils ressemblaient. Nous, nous faisions fonctionner les holo3D sans peau, cela nous permettait de voir ces énormes muscles en mouvement. 

Au milieu de la galerie, une salle est consacrée aux réactions du monde à l’annonce de cette découverte. À ce moment-là, il n’y avait pas encore de colons sur Mars ni sur la Lune. Cette dernière commençait à peine à être colonisée. Sur les murs, les journaux d’époques (pour certains, sur du « papier  », matière grise, fine dont la résolution de l’écran est très faible, c’est fabriqué à base d’arbres, à ce que j’ai compris). « NOUS NE SOMMES PAS LE CENTRE DU MONDE  » était le genre de titres élogieux que l’on pouvait lire en 2030. Mais pour moi, cette pièce montre surtout quelque chose de différent par rapport à ce qu’on voyait dans nos cours d’histoire. On nous enseigne que cette découverte ouvrit la route à la conquête spatiale, à la recherche de vie sur les lunes de Jupiter et de Saturne (ce qu’on trouvera quinze ans plus tard) dans une immense harmonie des Nations. 

Cette nouvelle ne fit pas que des heureux : beaucoup d’attentats revendiqués par des fanatiques au nom de l’omnipotence humaine eurent lieu. La salle exposait l’évolution des meurtres face à ces découvertes. Période ô combien trouble, mais fort heureusement courte  : à peine une dizaine d’années furent nécessaires pour que reviennent le calme et la prospérité. 

Ce que remarquaient les analystes, c’était que ce qui ramena la paix, ce ne fut pas la trouvaille d’ossements sur Mars ni même la découverte de poissons vivants sur les lunes de Jupiter, mais bien le business. Quand les premières croisières organisées vers Mars se démocratisèrent, tous purent voir de leurs yeux que la Terre était un point perdu dans le néant. 

Enfin, le dernier holo3D mettait en avant la collision de Mars avec un énorme astéroïde. L’atmosphère disparut rapidement et l’ensemble de la planète devint un énorme désert rouge. L’animation montrait bien les impacts et surtout un morceau d’astéroïde prenant la route d’une planète toute proche, la Terre. Au dessus, nombre de bactéries. 

Notre visite de la galerie se termina vers quinze heures, car nous devions prendre à dix-sept heures la route pour le mont Olympe (le temps de rentrer à l’hôtel, se rafraichir, préparer sa valise, etc.). 

C’était la première fois que je visitais ce musée, du moins les deux galeries de Spaléontologie. Le musée ferme pendant 105 jours pour travaux de rafraichissement à partir de demain. Si nous repassons par ici dans quelques mois, j’essaierai de visiter le reste, mais là maintenant, c’est le ski qui m’attend. 

Je suis actuellement dans le Tube qui relie les principales villes de Mars. Nous venons de passer la vallée Paterna et normalement, nous devrions arriver dans moins d’une demi-heure sur l’une des montagnes les plus grandes de tout le système solaire. 

À plus pour d’autres nouvelles.

3 — Les fossiles les plus anciens du système solaire